| Le
concert
de Petit Vodo à La Cartonnerie de Reims (15/11/06)
chroniqué par Mat
La
surprise était de taille...
Deux jours auparavant au téléphone Petit Vodo
m'avait prévenu : il y aura une surprise à La Cartonnerie
mercredi_!"
Ce 15 novembre je passe au premier rang devant deux kids qui commencent
à râler. "Quel est le problème ?" demandais-je
"Ben tu passes devant nous !" "Hey c'est un concert de
rock gamins" répondis-je.
Petit Vodo attaque seul par "Dont you know ?" avec l'Harmony,
une teen-ager dit à sa copine "c'est rigolo comme musique
ça_!"
Ca me ramène en 1989 lors d'un concert parisien de Noir Désir
précédent leur naissance internationale : "veuillez
rendre l'âme..."
Une voix m'était parvenue, par derrière, "c'est intéressant
comme musique ça !"
Les critiques rock de tous temps ont toujours fait des étincelles,
des plus érudits, des plus élitistes aux plus populaires...
Je m'attends bien évidemment à voir débarquer Miss
Caroline, lunettes noires, t-shirt moulant, une Meg White plus sobre,
bien plus efficace, une Meg White au bien meilleur son, une Miss Caroline
multi-instrumentiste...
Mais Petit Vodo annonce quelqu'un d'autre pour une version de "Big
star" et pour le restant du set : Denis Barthe de Noir Désir
apparaît.
Les kids s'égosillent, la plupart n'étaient pas nés
en 89...
Denis est hilare. Heureux visiblement d'être là avec son
pote. Le son est énorme lorsqu'il attaque. Sa frappe n'a pas
bougée d'un iota. C'est lourd, efficace. La version est incroyable,
Denis chante en chœur...
L'album "Paradise" et son incursion dans la lo-fi pop fait
son effet dans le public.
Je jubile à l'intro de "Poordavycrockettravels". Avec
"Skip James at paradise" c'est à mon sens les points
culminants de l'album.
Le loop de "Skip" est envoûtant, essentiel, nécessaire...
"Paradise" dégage un parfum capiteux. Une alchimie
que l'on aurait travaillée pendant dix ans...
Au mois de février 2007, Petit Vodo fêtera ses dix ans
de carrière, ne peut-on pas voir en "Paradise" le crossroad
de l'artiste ?
Reims a le droit à "Morning train" ce soir, "Riders
and mojo" titre outtake, blues slidé ... Petit Vodo dépose
l'Harmony pour la Yamaha et toujours la même impression... rien
n'est huilé... tout ce à quoi le rock français
devrait ressembler... tout ce qu'il aurait dû emmagasiner, digérer
...
Le set, trop court, finit avec "Updownday", le titre qui ouvre
l'opus paradisiaque. Denis est toujours aussi content, Petit Vodo est
acclamé par un public qui ne le connaissait pas.
"Comment c'est son nom ?"demandent les kids.
Je me dis qu'il n'est jamais trop tard... Je visionne les photos que
j'ai faites, elles parlent aussi... elles sonnent... nu-blues, nu-rock,
rien d'entendu, rien de prévisible, tout à l'instinct
participant à l'avenir... Petit Vodo est inscrit...
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